Un contexte historique 
de Violence

     

   

    Choc des cultures

Deux peuples, deux récits. "En temps de guerre les nations racontent l'histoire d'un seul point de vue, le leur. Le seul considéré comme juste. Les héros des uns sont les monstres des autres. L'histoire, les droits et la culture de l'ennemi sont niés", disait Pierre Vidal-Naquet. L'histoire du Sénégal et de la France n'échappent pas à cette règle. C'est dans ce contexte que Cheikh Ahmadou Bamba est apparu avec comme arme la non-violence afin de sauver l'oppressé et l'oppresseur du cycle infernal de la violence.

 

Sortie de la période d'esclavage et entrée dans la colonisation

Cheikh Ahmadou Bamba naquit au milieu du 19e  siècle, en 1853, dans un Sénégal vassalisé et un continent troublé.

L’Afrique fut en effet soumise à la domination des puissances occidentales avec le commerce transatlantique (esclavage) depuis le 16e siècle. La colonisation prit le pas sur l’esclavage qui ne fut aboli dans les faits qu’en 1848.

Le continent fut donc dépouillé de ses forces vives et eut à subir sur une longue période une exploitation économique rarement égalée. Les structures politiques des sociétés africaines furent désagrégées. Qui plus est, les rivalités internes aux royaumes africains précoloniaux, attisées par les puissances étrangères, ne furent qu’accroître la faiblesse du continent. 

 

 

Pénétration militaire et pacification de la colonie du Sénégal 

Déni de tout droit aux Africains, aucun recours : ni constitutionnel, ni auprès d’un organisme   international

Naissance du Cheikh en 1853, orphelin à l’âge de 8 ans

Entreprise de consolidation de la colonisation française en Afrique de l’Ouest avec l’œuvre de    Faidherbe, nommé gouverneur de la colonie du Sénégal en 1854 et qui sera le principal artisan de la « pacification »

Destruction des structures politico-militaires des royaumes précoloniaux

Des mouvements de résistance s’organisent mais sont la plupart du temps écrasés par la puissance coloniale du fait de sa supériorité militaire

  

Construction du Sénégal sur le modèle français 

Le Sénégal devait servir de « colonie modèle », et devait donc épouser le modèle français à tous  les   niveaux par une politique d’assimilation très active. La puissance coloniale décida donc de :

Mettre en marche une organisation administrative basée sur le modèle français

Redéfinir les fonctions de la religion désormais reléguée à la sphère privée. La religion devait servir les intérêts de l’administration coloniale. Ainsi elle reconnaît des chefs religieux (cadis, imams, etc)  pour consolider son pouvoir, et ces derniers bénéficient de privilèges matériels, et de la confiance des colons locaux qui s’appuient sur eux pour « contrôler » la population.

Définir et d’appliquer une stratégie culturelle basée sur l’école qui servira de bastion de la politique d’assimilation : l’histoire la France était celle des colonisés qui, d’après les manuels scolaires, avaient « pour ancêtres des Gaulois ! »